À l'approche de l'échéance électorale palestinienne, la question du report des élections est devenue un sujet de discussion politique majeur. Cependant, la question n'est plus : Les élections seront-elles reportées ? Au lieu de cela, elle a évolué vers : Comment le report se produira-t-il, pour combien de temps et sous quel couvert politique et légal ?
La scène actuelle ouvre la porte à deux scénarios principaux, tous deux étroitement liés au cours des dialogues politiques et à la capacité des forces palestiniennes à parvenir à de nouveaux accords concernant la forme du système politique et la réorganisation de la maison palestinienne.
Scénario un : Consensus politique fixe une nouvelle date
Le premier scénario repose sur le succès des dialogues palestiniens, en particulier ceux qui se déroulent au Caire, à parvenir à un consensus national sur une nouvelle date pour les élections.
Selon cette vision, la nouvelle date pourrait ne pas être avant la fin de l'année prochaine, coïncidant avec la fin de la phase politique liée au conseil de paix concernant Gaza. Cela pourrait donner à l'autorité plus de temps pour se préparer aux élections et traiter les complexités existantes, notamment dans la bande de Gaza.
Cependant, parvenir à ce scénario ne sera pas facile ; cela nécessite des concessions politiques mutuelles, notamment le dossier de l'Organisation de libération de la Palestine et la réorganisation de ses institutions.
Ici, des indications émergent sur la possibilité de rouvrir le dossier du Conseil national et d'atteindre des accords avec diverses forces politiques, permettant une participation plus large, y compris le Hamas, sur la base de la reconnaissance de l'OLP comme le représentant légitime et unique du peuple palestinien, et en se conformant à la légitimité internationale comme base d'une solution politique.
Scénario deux : Report des élections par le dialogue national
Le deuxième scénario semble plus probable pour certains observateurs et consiste à recourir à un report des élections pour une période déterminée par un chemin politique interne.
Selon ce scénario, le Comité exécutif de l'Organisation de libération de la Palestine pourrait se réunir et adopter des propositions déjà formulées par des forces politiques, y compris l'initiative du Front populaire, et appeler à un dialogue national complet pour déterminer la forme de la prochaine phase, avec un report des élections d'un an ou deux.
Cependant, un report de deux ans pourrait être politiquement et temporellement long, soulevant des questions plus larges sur l'avenir du processus démocratique et la crédibilité de l'engagement à tenir des élections.
Par conséquent, le scénario le plus facilement commercialisable sur le plan politique pourrait être de reporter les élections pour une période déterminée tout en annonçant une date claire et nouvelle, de sorte que le report ne semble pas indéfini et ne se transforme pas en une annulation non déclarée de l'échéance électorale.
Gaza... Le principal nœud
La bande de Gaza reste l'un des dossiers les plus compliqués dans tout processus électoral à venir, non seulement sur le plan politique, mais aussi logistique, sécuritaire et sur le terrain.
Ici, les difficultés existantes à Gaza peuvent être utilisées comme l'une des justifications du report, surtout si cela est accompagné de la fixation d'une nouvelle date électorale, ce qui pourrait rendre le report plus gérable pour les parties internationales, y compris l'Union européenne, comme une mesure temporaire liée à des circonstances exceptionnelles et non comme un recul par rapport au principe des élections.
Le nœud du Hamas et de Dahlan
En plus du dossier électoral, un autre nœud politique émerge concernant la forme de la participation palestinienne au dialogue et la relation entre le Hamas et Mohammad Dahlan.
Selon la lecture proposée, l'une des conditions de la participation du Hamas à certains axes de dialogue est liée à la présence de Dahlan, ce qui met le Fatah devant un test politique : Peut-il traiter cette question et créer un terrain qui permette à différentes parties de se retrouver à la même table ?
L'équation ici semble claire : Il n'y a pas d'élections stables sans consensus politique, et il n'y a pas de consensus politique réel sans traitement des différends internes entre les forces palestiniennes.
Quel scénario est le plus proche ?
S'il faut privilégier l'un des chemins, le deuxième scénario semble, à ce stade, plus probable : reporter les élections tout en fixant un nouveau délai et en ouvrant la porte à un dialogue national qui réorganise la scène politique.
Cependant, cela ne signifie pas que le premier scénario est exclu. Le succès des dialogues du Caire à produire un consensus réel pourrait complètement changer l'équation et pousser à reconstruire d'abord le consensus national, puis à aller vers des élections avec une nouvelle date convenue.
En fin de compte, le véritable défi n'est pas de reporter les élections en soi, mais de garantir que le report ne se transforme pas en un état permanent.
La crédibilité politique ne se mesure pas seulement par la tenue d'élections à temps, mais aussi par la capacité du système politique à annoncer clairement les raisons du report, à préciser sa durée et à fixer une nouvelle date qui ne reste pas soumise à des accords ouverts.